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BIPEDIA 21.10
Commentaire du livre de Uwe TOPPER :
"FÄLSCHUNGEN DER GESCHICHTE"

Première publication : janvier 2003
Mise en ligne :
7 juillet 2003

par François de Sarre

 Ce livre de l’historien Uwe Topper commence par l’évocation de la Grèce Antique et d’une figurine, la Perséphone de Tarente ( en fait, un faux du XIX° siècle ), ceci pour nous faire saisir à quel point notre passé a fait l’objet de falsifications, jusqu’à prendre l’aspect de ’flou artistique’ qu’on lui connaît actuellement.
 Sommes-nous bien en 2001 [ à la date de la rédaction du livre ], soit en gros 2 millénaires après un événement historique ponctuel : la naissance de Jésus-Christ en Palestine ?
 Certes, à une dizaine d’années près, il n’est guère possible de préciser une date qui, selon les Evangiles, coïnciderait avec la fin du règne d’Hérode le Grand. On peut, si l’on veut, rechercher aussi dans les astres une conjonction astronomique qui ’expliquerait’ l’étoile de Bethléem, aux alentours de l’an zéro de notre calendrier.
 Mais là n’est pas le propos du livre d’Uwe Topper : « Fälschungen der Geschichte ».
 Dans nos musées, il y a beaucoup de faux connus des spécialistes, mais ignorés du grand public. Cela ne serait pas si grave si ces mêmes objets ou documents ne servaient aussi de repères chronologiques... !
 Comme le pressentent d’autres auteurs allemands ou russes, nous pouvons dire que toutes les dates d’avant la grande réforme du calendrier opérée en 1582 par le pape Grégoire XIII, sont douteuses ou tronquées. L’Eglise Catholique Romaine a ajusté ’sa’ chronologie à partir d’un calendrier ’Ars Mundi’ déjà en vigueur. Elle en a profité aussi pour se ’donner de l’ancienneté’... Sans doute, dans les 1000 ans !
 Cela présentait, en effet, mieux auprès des ’païens’ à convertir...

 Avec le recul que nous avons, cela voudrait dire qu’il y a un bon millénaire en trop dans la chronologie anno domini. En réalité, voici 1000 ans, on était juste à la fin de l’Antiquité gréco-romaine... !
 Certains de nos personnages historiques les plus fameux n’ont pas existé. Leurs dynasties n’ont jamais régné sur l’Europe. C’étaient des héros de légendes ou de romans, que les historiens ont pris - sciemment ou non - pour de véritables personnages ayant dominé leur temps.
 Pour Uwe Topper, l’histoire de ’Rome, la ville éternelle’ n’a été écrite qu’au XIV° siècle. C’était l’époque où des fouilles ont révélé une ville ensevelie... Entre-temps, le site était demeuré inhabité !
 Nous disposons, certes, d’une liste complète des Papes qui ont ’régné’ sur Rome dans la continuité du culte rendu à Jupiter, institué jadis par les Grands Pontifes romains.
 Mais on peut sérieusement se poser des questions... Notre vision ’occidentale’ de l’Histoire ne reposerait-elle en fait que sur une concoction assez récente d’éléments fictifs, destinés à asseoir les fondements d’une religion nouvelle, le Catholicisme Romain ?

 

François de Sarre